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La principale façon d’évaluer l’empreinte carbone des bâtiments est l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), et c’est là que réside le hic: Les cycles de vie des bâtiments et ceux de leurs aménagements intérieurs sont complètement différents. Prenez un immeuble de bureaux: Il a été construit pour durer plus de 50 ans, mais de manière cyclique, les baux prennent fin, des locataires partent, d’autres arrivent et transforment l’espace en fonction leurs besoins.

nous assistons à une destruction cyclique des aménagements de bureaux tout au long de la vie d’un bâtiment
 

Selon les estimations, les entreprises locataires déménagent en moyenne tous les 7 ans et la tendance, portée par les nouveaux modes de travail et la forte demande de flexibilité des entreprises, est à la diminution. En conséquence, avec des cycles de location de plus en plus courts nous allons assister à des destructions des aménagements de bureaux plus fréquentes. Quelle est l’empreinte carbone de ces réaménagements au cours du cycle de vie d’un bâtiment?

 Paul LEVY  CEO fondateur, de Moduloop a lancé une étude sur cette question en analysant les publications dans ce domaine qui sont malheureusement rares.

Dans les grandes agglomérations, les espace de bureaux font l’objet d’une rénovation importante tous les sept ans. soit un total de 6 rénovations en quatre décennies. Si nous cumulons les données environnementales de tous les matériaux liés à ces rénovations successives l’analyse est surprenante:

«l’empreinte carbone totale des rénovations intérieures successives dépasseraient en fait les émissions liée à la construction du bâtiment (structure et enveloppe)»
, selon un article récent du journal METROPOLIS “Why Interior Designers Must Fight Climate Change”

Le secteur du bâtiment représente à lui seul plus de 40% de la production de CO2 et de nombreux efforts ont été faits pour réduire ce chiffre en travaillant sur la phase de construction des immeubles, mais jusqu’ici personne n’avait pris en compte le poids des aménagements intérieurs dans les calculs. Les gouvernements ont compris l’importance de l’analyse des cycles de vie dans l’évaluation de l’empreinte carbone. En France la RE 2020 devrait 

En octobre 2019 , WeWork a commandité au Carbon Leadership Forum une étude sur L’évaluation du cycle de vie d’un projet d’amélioration des surfaces de bureaux: “Life Cycle Assessment of a Commercial Tenant Improvement Project”

les conclusions sont les suivantes:

Sur la base d’une analyse des résultats détaillés de l’ACV, les dix principaux éléments à fort impact sur le PRG (Le potentiel de réchauffement global ou GWP en anglais, est un facteur de conversion qui permet de comparer l’influence de différents gaz à effet de serre sur le système climatique. Wikipédia) sont:

  • cloisons intérieures – aluminium et verre
  • sous-couche en caoutchouc
  • Unités de traitement d’air
  • luminaires LED
  • Portes coulissantes en verre
  • Cloisons (plaques de plâtre, isolants et montants métalliques)
  • Chaises
  • revêtements de sols
  • gaines en tôle

L’équipe de recherche recommande de limiter l’utilisation de ces éléments réduire les impacts de ces éléments à fort impact en évitant ou réduire les quantités utilisées et / ou trouver des options à faible impact pour ces produits.

La réutilisation et la récupération des meubles et des éléments intérieurs devront devenir courantes, le reconditionnement à neuf des équipements est une solution pour allonger leur durée de vie et limiter leur empreinte carbone. De même, les stratégies de fin de vie devront évoluer et la récupération des matériaux pour fabriquer de nouveaux équipements devra se développer pour limiter les besoins croissants en matières premières dont les réserves naturelles diminuent. 


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